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Merci Souffrance et Bon vent!
Je croyais m’aimer… puis la vie m’a mise à l’épreuve.
Une fois encore, je suis tombée dans le piège de l’illusion.
Mais le pire n’est pas de se tromper. Le pire, c’est de voir la vérité… et de choisir malgré tout de rester dans le mensonge.
Au fond de moi, je savais.
Une part lucide voyait clairement la réalité. Elle savait que je n’étais ni dans le juste, ni dans l’amour véritable.
Et puis il y avait l’autre part. Celle qui brûle. Celle qui s’empare de tout l’être et raconte exactement l’histoire que l’on a besoin d’entendre pour continuer à espérer.
Ce n’était pas un manque de conscience.
C’était un plein de douleur.
Alors j’ai laissé cette douleur parler à ma place.
J’ai choisi des mots qui n’étaient plus vrais. Des mots que j’avais autrefois eu besoin d’entendre moi-même. Comme si, en les donnant à l’autre, je pouvais encore réparer quelque chose en moi.
Aujourd’hui, je comprends : j’étais la seule décisionnaire de cette illusion.
Je me suis laissée posséder par l’enfant blessée en moi. Celle qui cherche encore à être choisie, aimée, reconnue. Celle qui croit devoir souffrir pour exister.
Et soudain, quelque chose s’est fissuré.
Une nouvelle expérience de non-réciprocité.
Le retour brutal au réel.
L’annonce est tombée comme un couperet :
l’autre ne ressentait pas ce que je ressentais pour lui.
Effondrement.
Perte de repères. Perte d’identité. Ma bulle éclate. Je suffoque… puis l’air entre enfin. Un air inconnu. Presque dérangeant.
Mais au fond, rien de tout cela n’était une surprise.
Une part de moi savait déjà.
L’autre refusait simplement de lâcher prise.
Alors, intérieurement, quelque chose s’est joué.
Comme si ma lumière murmurait enfin :
“Tu te réveilles de ce long sommeil de plomb. Il était temps.”
Et mon ombre, épuisée, retirait doucement son masque en soufflant :
“On s’est bien battues… mais cette fois, tu as gagné.”
C’est là que j’ai compris.
L’illusion n’était pas le mensonge.
L’illusion, c’était de croire que je n’avais aucun pouvoir.
J’ai du pouvoir.
Sur ma vie. Sur mes choix. Sur ce que j’accepte de nourrir en moi.
Derrière ma dépendance affective se cachait en réalité une identité construite autour de ma souffrance.
Mes blessures m’ont détruite… puis elles m’ont façonnée. Elles ont créé des croyances, des réactions, des mécanismes de survie. Elles m’ont donné une personnalité entière.
Alors une question vertigineuse apparaît :
Qui suis-je lorsque je ne souffre plus ?
La réponse a toujours été là. Juste sous mon nez! Ma propre vérité me saute à la vue:
Je ne suis pas ma souffrance.
Je ne l’ai jamais été.
Elle m’a protégée. Elle m’a aidée à survivre. Elle m’a donné l’impression d’être forte, importante, vivante.
Mais aujourd’hui, je n’ai plus besoin d’elle pour exister.
Alors je peux enfin lui dire :
Merci, Souffrance!
Merci de m’avoir portée quand je ne savais pas encore me porter moi-même.
Merci de m’avoir permis de survivre. D’apprendre. De grandir.
Mais aujourd’hui je n’ai plus besoin de toi, je te rends ta juste place. Tu appartiens au passé.
Et moi…
je m’autorise enfin à vivre dans ma vérité la plus pure.
SILENCE
J’ai goûté à une sensation de bonheur.
Elle m’a effleuré le coeur.
Je l’ai trouvée dans la simplicité: dans un rayon de soleil sur ma peau,
dans la légèreté d’un instant, dans ces gestes ordinaires du quotidien:
respirer, marcher, manger, contempler, toucher la terre ou une main,
rire, m’exprimer, me foutre la paix.
Alors j’ai pensé:
« Ah…c’est donc cela, le bonheur! »
Puis j’ai commis une erreur.
Je m’y suis attachée.
J’ai voulu la retrouver.
J’ai voulu revivre exactement cette sensation.
Et c’est ainsi que j’ai créé une nouvelle illusion:
une attente, un manque, une frustration.
Comme si ce bonheur m’avait quittée, alors qu’il était déjà là,
sous une autre forme
J’ai compris que j’avais besoin de mon ami le silence.
Non pas pour retrouver ce que j’avais déjà vécu,
mais pour découvrir un bonheur nouveau.
Car le bonheur n’est pas unique.
Il est comme une palette de couleurs, un nuancier.
Il en existe mille nuances, mille visages.
Ils sont singuliers, éphémères et se laissent seulement traverser.
J’ai compris aussi que j’avais besoin de me retrouver.
De multiplier ces moments de tête-à-tête avec moi-même.
Ou plutôt…de corps à corps.
Mon mental me ment souvent.
Il me raconte des histoires.
Celles qui m’arrangent;
celles qui nourrissent mes peurs, mes blessures, mes habitudes.
Et parfois, il m’éloigne de ma vérité.
Mais lorsque je cherche les réponses
dans ma respiration;
ce souffle de vie qui traverse mon corps et
apaise mes tempêtes intérieures,
tout devient plus clair.
J’aperçois alors une brèche:
un court instant où les nuages se dissipent,
où une autre voie devient possible,
où une autre compréhension émerge.
Je sors de l’impasse.
Je sors de mon propre labyrinthe.
Alors, essaie !
Essaie le silence.
Pas pour fuir.
Pas pour performer.
Pas pour réussir quelque chose.
Simplement pour ressentir.
Ne me crois pas sur parole.
Certaines choses ne se comprennent que lorsqu’on les vit.
Prends une heure.
Va marcher à ton rythme, dans un endroit calme.
Sans écouteurs.
Sans distraction.
Sans chercher à atteindre quoi que ce soit.
Observe.
Sans juger.
Observe ton souffle.
Observe tes pensées.
Observe ce qui remue en toi.
Laisse venir.
Laisse partir.
Laisse-toi dériver quelques minutes.
Peut-être quelques heures.
Laisse la rêverie t’emporter,
puis s’éteindre d’elle-même.
Laisse les pensées traverser sans les retenir.
Laisse les émotions passer sans peur ou
sans t’y accrocher.
Recommence souvent.
Et peu à peu,
tu sentiras ton être prendre forme.
Ton intériorité gagner en consistance.
En présence.
En force.
Tu découvriras alors quelque chose de simple:
la vérité de l’instant.
Le lieu exact où tu en es.
Et ce qui, au fond, compte réellement pour toi.
Ta liste interminable d’urgences se transformera.
Ce qui te semblait vital deviendra secondaire.
Et ta priorité changera.
Ce sera ton calme.
Ta paix intérieure.
La joie d’être vivant(e).
Tu feras l’expérience la plus simple et la plus intense qui soit:
Respirer.
Être là.
Sentir que tu es en vie.
Être conscient(e).
Et tu comprendras que parfois, cela suffit.
Tu es assez.
La vie n’est pas une course.
As-tu déjà vu des arbres entrer en compétition?
As-tu déjà vu des fleurs se défier?
Tu n’as rien à prouver.
Tu es digne d’amour tel(le) que tu es.
Simplement parce que tu existes.
Ne laisse plus les autres décider de ta valeur.
Et si tu choisis encore de croire leurs voix,
rappelle-toi ceci:
tu peux aussi choisir de ne plus les croire.
Tu n’es pas condamné(e) à ton ancien récit.
Tu peux continuer à l’écrire autrement.
Commence par le silence.
Commence par désintoxiquer ton esprit du bruit:
celui de tes peurs, de tes regrets, de tes blessures
et celui des autres.
Reviens à ta respiration.
Reviens à cet instant.
Le temps défile, oui.
Mais ici, maintenant, quelque chose vit en toi.
Et cela mérite ton attention.
Rien n’est immuable.
Tout change.
Tout bouge.
Toi aussi.
Tu as le droit de changer.
Tu as le droit de te tromper.
Tu as le droit de recommencer.
Ce n’est pas la perfection qui compte.
Ce qui compte,
c’est la conscience.
L’élan.
Le mouvement.
La vérité.
Hier est passé.
Aujourd’hui,
Tu peux être autrement.
Articles:
« Pour vivre, il faut que ça vibre! », article que j’ai écrit pour le magazine Vitalsace. Pour le lire, cliquez sur le lien suivant :
Stéphanie Klein
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